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Update Obligations : Différentes perspectives de marché

Lors du premier mois de la guerre en Iran, les obligations d’État sans risque et les actifs risqués ont évolué de concert, dans une direction opposée au prix du pétrole. Les taux d’intérêt continuent d’évoluer de pair avec les prix du pétrole. Ils ont tous deux affiché une baisse cette semaine avec le retour de l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz.

Plus récemment, les actifs risqués sont toutefois devenus moins sensibles aux fluctuations des prix du pétrole et font de plus en plus confiance à l’étonnante résilience de l’économie mondiale. Sur les marchés obligataires, les taux sans risque et les primes de risque ont même commencé à évoluer dans des directions opposées au mois de mai. (Les taux sans risque sont le rendement attendu sur les investissements supposés dénués de risques, comme les obligations d’État de bonne qualité. Les primes de risque font référence au rendement supplémentaire que les investisseurs exigent en compensation de leur investissement dans des actifs qu’ils estiment plus risqués.)

Les investisseurs semblent s’attendre à ce que la guerre en Iran exerce une plus grande influence sur l’inflation que sur la croissance économique, conformément au message envoyé par les récentes données économiques. Ce raisonnement permet d’expliquer la différence de trajectoire des taux d’intérêt et des actifs risqués. Les investisseurs en obligations et en actions ont peut-être le même avis géopolitique, mais ils n’en analysent pas moins leurs marchés respectifs à travers des prismes différents. Pour les obligations d’État sans risque, l’inflation et la politique des banques centrales sont de loin les facteurs les plus importants. Pour les actifs plus risqués, l’évolution de la croissance économique reste le principal indicateur à surveiller.

Pour le moment, l’économie mondiale s’est avérée étonnamment flexible et résiliente face aux perturbations du marché de l’énergie. Étant donné que la fermeture du détroit d’Ormuz se poursuit, nous approchons d’un éventuel point de bascule marqué par des pénuries physiques d’énergie.  Lorsque les stocks s’épuisent (trop), de fortes hausses de prix sont probablement nécessaires pour comprimer la demande à un niveau suffisant pour équilibrer l’offre, qui s’est considérablement réduite.

L’Europe semble particulièrement vulnérable à ces perturbations énergétiques. Les consommateurs et les entreprises en sont bien conscients, comme le montre la baisse des indicateurs de confiance. Entre-temps, la Banque centrale européenne se concentre principalement sur l’inflation, alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) subit des pressions politiques pour mettre davantage l’accent sur le chômage. Pour le moment, le nouveau président de la Fed Kevin Warsh devrait toutefois suivre la ligne de conduite annoncée par la Fed. Il pourrait d’abord modifier la stratégie de communication de la Fed, notamment en ce qui concerne les conférences de presse et le pilotage prospectif (forward guidance), avant d’essayer de convaincre le comité de politique monétaire de la Fed d’adopter les baisses de taux que le président Donald Trump attend de lui.

La semaine prochaine, les investisseurs seront particulièrement attentifs aux nombreuses données sur le marché de l’emploi américain et les enquêtes de confiance des entreprises de l’ISM et de S&P. Mais tant que le détroit d’Ormuz reste fermé, ils garderont probablement en tête (pour le moment) les éventuels scénarios plus négatifs. Néanmoins, l’ampleur du choc inflationniste devrait être probablement beaucoup plus limitée qu’en 2022-2023.

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