Javascript is required Update Obligations – Faible réaction du marché obligataire à la situation en Iran - ABN AMRO

Update Obligations – Faible réaction du marché obligataire à la situation en Iran

Tous les acteurs du marché ont suivi attentivement les prix du pétrole cette semaine, car les prix de l’énergie sont le principal vecteur par le biais duquel la guerre en Iran est en mesure d’impacter l’économie et les marchés financiers dans le monde. En effet, une hausse des prix de l’énergie est synonyme d’inflation plus élevée, ce qui pourrait mener à une augmentation des rendements obligataires.

Les installations de production pétrolière, les infrastructures et le transport sont dès lors les principaux points à surveiller, notamment en ce qui concerne la possibilité de transiter par le détroit d’Ormuz. Celui-ci voit passer environ un quart du commerce mondial de pétrole par voie maritime et près d’un cinquième du commerce mondial de GNL.

Malgré l’escalade rapide du conflit avec l’Iran cette semaine, l’impact sur les marchés obligataires est resté limité pour le moment. Les prix du pétrole Brent ont explosé, mais à un niveau établi à 80 USD le baril (bbl), l’économie mondiale ne devrait pas trop en souffrir. Les rendements des bons du Trésor américain et des Bunds à 10 ans rebondissent fortement, mais ils avaient baissé juste avant grâce à leur potentiel de valeur refuge la semaine dernière. Les fourchettes de négociation des rendements restent ainsi dans la moyenne de ces derniers mois. Les spreads de crédit n’ont pas beaucoup évolué et restent résilients pour le moment. Si le conflit peut être résolu ou limité au cours des semaines à venir de manière à garantir le flux d’approvisionnement, nous pensons que les marchés devraient rapidement tourner la page. Ils se concentreraient alors à nouveau sur le solide contexte macroéconomique, l’impact potentiel de la disruption de l’IA et les défis auxquels font face les marchés du crédit privé.

Néanmoins, cette guerre a le potentiel d’impacter plus fortement les marchés si les prix de l’énergie venaient à grimper sensiblement et si la situation ne s’améliore pas dans les semaines à venir. Dans les scénarios où les prix de l’énergie explosent, atteignant potentiellement 100-130 USD/bbl et selon les dommages portés aux installations de production et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, les rendements obligataires pourraient continuer de grimper en prévision de la hausse de l’inflation, alors que les spreads de crédit devraient s’élargir notablement. Pour les spreads de crédit, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 fournit une bonne base de comparaison. À l’époque, le Brent avait dépassé les 120 USD/bbl et l’Europe avait dû faire face à des défis immenses liés à ses besoins énergétiques. Les spreads de crédit européens avaient alors grimpé au-dessus de 220 pb pour la catégorie investment grade (IG) et dépassé 660 pb pour le haut rendement (HY). À l’heure actuelle, ces niveaux sont respectivement établis à 80 et 290 pb.

Nous adoptons une position surpondérée en crédit d’entreprise IG, compensée par une sous-pondération en HY, car nous considérons que les niveaux de spread onéreux constituent un problème. Si la guerre s’envenime et se poursuit, nous prévoyons un élargissement des spreads susceptible de déboucher sur un point d’entrée intéressant pour le HY.

Thomas Smid

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