Javascript is required Update Obligations : Quand le pétrole tousse, tout le marché s’enrhume - ABN AMRO

Update Obligations : Quand le pétrole tousse, tout le marché s’enrhume

Le conflit en Iran est entré dans sa deuxième semaine et continue d’exercer une influence marquée sur les marchés, principalement par le biais de son impact sur l’énergie. Le pétrole Brent a évolué dans une fourchette située entre 85 et 100 USD, a brièvement dépassé les 120 USD avant de reculer à nouveau.

L’incertitude relative au détroit d’Ormuz continue de capter l’attention du monde entier. Pour le moment, les données macroéconomiques ont été reléguées au second plan et les dynamiques de marché sont actuellement dominées par les évolutions géopolitiques et leurs implications sur l’approvisionnement en énergie et les prévisions d’inflation.

Les marchés obligataires souverains n’ont pas endossé leur rôle de valeur refuge classique. Pire, les rendements sont partis à la hausse à cause de la réévaluation des investisseurs de l’impact inflationniste de l’augmentation des prix de l’énergie et de la réduction de leurs prévisions d’assouplissement de politique. Les rendements des bons du Trésor américain à dix ans sont établis environ 25 points de base au-dessus de leur niveau avant le conflit. Ils évoluent actuellement autour de 4,23 %, et les prévisions d’assouplissement de la Réserve fédérale ont été revues à la baisse à une seule baisse de taux. L’Europe affiche une tendance similaire. Le rendement du Bund à dix ans a progressé d’environ 30 points de base pour s’établir à 2,93 %, et le marché anticipe dorénavant entre une et deux hausses de taux en 2026 à cause de la réévaluation des prévisions d’inflation des investisseurs.

Les marchés du crédit ont à peine bronché pour le moment, surtout en ce qui concerne le haut rendement américain. Les spreads du haut rendement libellé en euros et en dollars américains se maintiennent à environ 300 points de base, un niveau qui reste largement inférieur aux moyennes historiques. Dans le même temps, le crédit privé montre de plus en plus de signes de tension, marqué par une hausse des demandes de rachat et des dépréciations sélectives de prêts, ce qui incite à adopter une approche plus prudente.

Sur les marchés émergents, la pression est visible dans plusieurs régions. Les spreads en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est ont fait preuve de volatilité à la suite du conflit au Moyen-Orient. Malgré cette volatilité, les niveaux de spreads sont toutefois restés largement en dessous des moyennes historiques.

Avec le pétrole qui a enfoncé le seuil des 100 USD et avec aucun signe clair de désescalade, il devient de plus en plus compliqué d’évaluer la situation. Dans ce contexte, nous continuons de privilégier les obligations d’entreprise de bonne qualité tout en maintenant notre exposition limitée au haut rendement et en adoptant une position neutre envers la dette des marchés émergents. L’analyse des valorisations et des risques continue de soutenir cette décision, même si un élargissement encore plus prononcé et une visibilité accrue pourraient à terme offrir des points d’entrée plus intéressants.

Nous continuerons de suivre de près la situation au Moyen-Orient, en particulier en ce qui concerne le détroit d’Ormuz, la volatilité des prix du pétrole et l’impact de ces facteurs sur les spreads. Cet environnement pousse à faire preuve de prudence jusqu’à ce que la situation s’éclaire un peu plus.

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